A Paraître

scandale delocalisations

Ce livre révèle que le monde des affaires mène une véritable guerre contre l’emploi. Des milliers de postes, même hautement qualifiés, sont constamment détruits en France, en Europe, comme aux Etats-Unis, pour être transférés en Chine et en Inde. Une quête du profit à court terme où les salaires sont sacrifiés à l’avidité des actionnaires.

Le scandale des délocalisations entraîne le lecteur dans les coulisses d’une réalité, dont l’ampleur et la gravité sont soigneusement occultées par les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques. Il découvrira comment un fonds créé par Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise finance les délocalisations. Il apprendra comment l’Union européenne, déjà impuissante à créer des emplois, s’empresse de détruire ceux qui existent.

En délocalisant massivement, les industriels occidentaux sont tombés dans un véritable piège, soigneusement tendu par l’Inde et la Chine, et les bénéfices de la mondialisation leur échappent désormais.

Au terme de cette enquête emplie de révélations, Le scandale des délocalisations pose une question cruciale : un pays peut-il perdre ses emplois et continuer de prospérer ?

 

A Paraître chez PLON le 24 Février 2011

N°ISBN 9782259212564

Prix : 21€

Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 17:45

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Article paru le 29 février 2012

 

couverture roi predateur

 

On cherchera en vain quelques lignes sur la vision politique de Mohammed VI, ce que pense le palais du "printemps arabe" ou le bilan que le roi tire des réformes qu'il a lui-même initiées, telle la nouvelle Constitution approuvée par référendum, pour parer à toute contestation. Rien de ce côté-là. sur le commerce, le business, en revanche, enveux-tu en voilà.

 

Page après page, les auteurs décrivent un souverain allié de la France devenu "le premier banquier, le premier assureur, le premier agriculteur" de son pays, et un homme d'affaires de premier plan dans "l'agroalimentaire, l'immobilier, la grande distribution, l'énergie, les télécoms"... Un roi "Midas", écrivent-ils, classé au 7e rang en 2009 des monarques les plus riches par le magazine américain Forbes, et dont la fortune aurait doublé en cinq ans. Celui qui s'était vu attribuer l'étiquette de "roi des pauvres" lorsqu'il succéda à son père, Hassan II, en 1999, n'a plus rien à voir avec le roi des affaires dont il est question ici.

 

Prédation économique

A travers les holdings royales, les prises de participation dans des domaines aussi variés que le sucre, le foncier, les terres agricoles, le BTP, l'électricité ou même la culture, c'est une véritable mise en coupe réglée de l'économie marocaine que dénoncent les deux journalistes. Tout ou presque, affirment-ils, remonte aux caisses royales. Au point que le Maroc constitue à leurs yeux "un cas unique".

"La plupart des dirigeants pillent leur pays en confisquant à leur peuple les richesses. Au Maroc, c'est le peuple qui, chaque jour que Dieu fait, enrichit le roi en achetant les produits de ses entreprises", assurent Catherine Graciet (coauteur de La Régente de carthage - La Découverte, 2009 -, qui dénonça l'emprise mafieuse de Leila Trabelsi, l'épouse de l'ex-président Ben Ali en Tunisie) et Eric Laurent (auteur de nombreux ouvrages, dont La Mémoire d'un roi - Plon, 1993 -, tiré de ses entretiens avec Hassan II). Dernier "Eldorado" en date : le développement des énergies renouvelables, avec la création de la dernière-née des entreprises royales, Nareva, déjà dotée d'importants contrats dans le domaine éolien. Mais muette quant à ses objectifs.

Deux hommes, proches de Mohammed VI, sont particulièrement visés par ce brûlot : Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi et grand argentier du palais, etFouad Ali El Himma, ministre délégué à l'intérieur de 1999 à 2007. Les deux hommes, rivaux, sont toujours décrits à la manoeuvre pour imposer, souvent de façon brutale, les vues du palais dans le domaine des affaires comme dans celui de la sécurité. Lors des manifestations du Mouvement du 20 février, qui réclame à intervalles réguliers dans les rues de villes marocaines plus de justice sociale et la fin de la corruption, leurs noms seront systématiquement dénoncés.

A travers ces deux personnages, qui ont connu le roi dans sa jeunesse, l'un par le truchement d'un cousin, l'autre en partageant la même formation au Collège royal, les intrigues de cour, les nominations et les disgrâces peuplent l'univers royal et le docile Makhzen, selon cette expression typique qui désigne les institutions marocaines. Malheur à ceux qui tentent de s'opposer ! Ceux-là se voient écartés sans ménagement, étranglés financièrement et parfois condamnés à de lourdes peines de prison comme en témoigne Khalid Oudghiri, ancien patron de la puissante banque Attijariwafa Bank, déchu, humilié et pour finir condamné par contumace - il vit en France - à vingt ans de prison. L'homme livre ici les pressions, témoignages à charge et accusations extorquées dont il fut l'objet. Tous ses biens, au Maroc, seront saisis.

Certes, le réquisitoire de ce livre est brut, les témoignages souvent anonymes, et les faits parfois approximatifs faute d'accès direct aux sources. Mais l'ampleur de la prédation économique ainsi décrite, dans un pays où 15 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour, ne peut que choquer.

 

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Par Eric Laurent - Publié dans : On en parle...
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