Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 20:26

Postface

La Face cachée du Pétrole

  J’ai été surpris de l’accueil extrêmement favorable réservé à ce livre, dès sa parution en mars 2006. Ecrire sur le pétrole, qui plus est d’une manière qui remet en cause les vérités admises, n’est pas un exercice facile. Les grandes compagnies, les pays producteurs et de nombreux journalistes spécialisés, qui reproduisent servilement les discours et les chiffres officiels sur un pétrole abondant et bon marché, n’aiment guère qu’on vienne leur porter la contradiction. Depuis des décennies l’univers pétrolier est celui du règne de la désinformation. Mais j’ai pu observer au cours des 12 derniers mois un phénomène passionnant qui bat en brèche toute cette stratégie : la prise de conscience de l’opinion et sa mobilisation. 

   Un changement radical est en train de s’opérer. Les individus deviennent à la fois plus lucides face à la gravité des défis et plus sceptiques face aux propos lénifiants que leur tiennent les responsables politiques. Désormais nous savons que nous allons devoir vivre dans un contexte mondial dangereux et incertain, avec un pétrole de plus en plus cher qui ira en se raréfiant. 

  Pourtant, face à ces échéances critiques les acteurs pétroliers, grandes compagnies et pays producteurs, continuent impassibles de pratiquer la même stratégie du secret. Bien sûr, ils inondent les médias de chiffres censés refléter le niveau de production et l’état des réserves prouvées. Mais aucune de ces données n’est vérifiable. Selon un banquier britannique « Pas un investisseur à travers le monde n’accepterait d’investir de l’argent à partir d’informations aussi vagues ». Le seul moyen de déterminer avec précision l’état des réserves mondiales et  l’ampleur de leur déclin, serait de connaître la production, gisement par gisement. Deux cent cinquante champs pétrolifères produisent entre 80 et 85 % des 85 millions de barils consommés quotidiennement à travers la planète. Pour l’immense majorité d’entre eux il est impossible d’avoir accès à ces informations. 

  Nous savons seulement que la taille des gisements découverts décline depuis plusieurs décennies. Les dernières zones pétrolières de grande ampleur, une partie de l’Alaska, la Sibérie occidentale et la Mer du Nord, ont été localisées entre 1967 et 1969. La découverte du dernier gisement « super géant », Cantrell au Mexique, remonte à 1976. Et pourtant les progrès technologiques permettent désormais de forer à plus de 12 kilomètres de profondeur, à un coût pratiquement identique à celui des forages effectués en 1859 par le colonel Drake à 20 mètres. 

   La flambée des prix du brut a renforcé la position financière et l’influence politique des quatre premiers pays producteurs, l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran et le Venezuela. Les revenus annuels du Venezuela sont passés de 21 milliards de dollars en 2002 à 50 milliards de dollars en 2006 ; durant la même période les revenus annuels de l’Iran sont passés de 19 milliards à 60 milliards de dollars.

   Les gouvernements de ces pays, avec des stratégies diverses, utilisent l’arme du pétrole au service d’une politique ouvertement anti-américaine et souvent anti-occidentale. Les pétro dollars saoudiens financent l’extrémisme islamique et souvent le terrorisme ; l’Iran veut asseoir son hégémonie régionale et menace d’interrompre ses approvisionnements pétroliers au cas où une intervention militaire serait envisagée contre son territoire ; le Venezuela utilise sa manne pétrolière sur le continent sud américain pour étendre son influence et réduire celle des Etats-Unis. Moscou développe une véritable diplomatie gazière et pétrolière. Elle lui permet de remettre au pas d’anciens satellites indociles, comme l’Ukraine, de retrouver une influence en Asie, courtisé par Pékin et Tokyo. Enfin, le projet de gazoduc en Europe offrirait à la Russie un moyen de pression sur les pays de cette zone et l’occasion d’une revanche sur l’embargo décrété par l’administration Reagan au début des années 80. Ces quatre pays producteurs de pétrole ont également un autre point en commun : leur volonté de rester en marge de la mondialisation en cours. Un expert a écrit : « Le capitalisme à l’échelle planétaire crée une demande, qui contribue à créer des espaces non capitalistes. » Ces pays rentiers sont des îlots d’exception au sein de l’économie mondiale. Des acteurs incontournables mais hostiles qui pèseront lourds dans la guerre des ressources qui se dessine actuellement à travers le monde.

Eric Laurent

9 janvier 2007

Sortie du livre "La Face cachée du Pétrole" en édition Univers Poche début mars.

Par Eric Laurent - Publié dans : Energies
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A Paraître

scandale delocalisations

Ce livre révèle que le monde des affaires mène une véritable guerre contre l’emploi. Des milliers de postes, même hautement qualifiés, sont constamment détruits en France, en Europe, comme aux Etats-Unis, pour être transférés en Chine et en Inde. Une quête du profit à court terme où les salaires sont sacrifiés à l’avidité des actionnaires.

Le scandale des délocalisations entraîne le lecteur dans les coulisses d’une réalité, dont l’ampleur et la gravité sont soigneusement occultées par les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques. Il découvrira comment un fonds créé par Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise finance les délocalisations. Il apprendra comment l’Union européenne, déjà impuissante à créer des emplois, s’empresse de détruire ceux qui existent.

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Au terme de cette enquête emplie de révélations, Le scandale des délocalisations pose une question cruciale : un pays peut-il perdre ses emplois et continuer de prospérer ?

 

A Paraître chez PLON le 24 Février 2011

N°ISBN 9782259212564

Prix : 21€

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