Edito
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Eric Laurent
Grand reporter, écrivain, spécialiste en politique étrangère.
- 2004 - Publication de "La face cachée du 11 septembre", plus de 100 000 exemplaires vendus, 12 traductions étrangères, ce livre fait actuellement l’objet d’une adaptation télévisuelle.
Le 22 septembre, l’Assemblée nationale et le Sénat votaient majoritairement pour le maintien des troupes françaises en Afghanistan
© Pakman
Les pays membres de l’Alliance n’acheminent pas assez de troupes ni d’équipements. Surtout, les responsables politiques se voilent la face et mentent en affirmant que les militaires déployés ne sont envoyés que pour des missions de maintien de la paix ou pour assurer la reconstruction du pays. La menace talibane n’est pas une seule fois évoquée. A la fin de l’année 2004, les Etats-Unis, confrontés à des difficultés croissantes en Irak, demandent à l’OTAN d’accroître son engagement en Afghanistan, pour permettre le retrait de troupes américaines.
En février 2005, une réunion des ministres de la défense de l’OTAN se tient à Nice. A l’ordre du jour : la création d’un commandement unifié qui coifferait les forces de l’OTAN et les troupes américaines de l’opération « Enduring Freedom » présentes sur le terrain et engagées dans la chasse aux terroristes. Plusieurs pays dont la France et l’Allemagne refusent. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, déclare : « L’OTAN n’est pas équipée pour mener des opérations de contre-terrorisme. »
Combattre les talibans et Al Qaïda n’est alors même pas envisagé. Le commandant en chef de l’OTAN, le général Jones, qualifie de « cancer opérationnel » la liste, interminable, des restrictions imposées par les Etats membres à l’engagement de leurs troupes : certaines ne doivent pas attaquer les talibans, d’autres ne sont pas autorisées à éradiquer les champs de pavot, ou à stopper des convois de trafiquants d’opium. Dans le sud de l’Afghanistan, fief des talibans, qui est devenu une véritable zone de guerre, dès 2003, l’OTAN est incapable d’élaborer une stratégie de contre-insurrection. Canadiens, Britanniques et Hollandais sont engagés dans des affrontements soigneusement minimisés par les responsables politiques de leur pays, pour éviter la montée de la contestation dans l’opinion. Cette attitude de cynisme et de déni atteint des sommets en avril 2006, lorsque le ministre britannique de la Défense, John Reid, déclare : « Nous serions parfaitement heureux de repartir (d’Afghanistan) dans 3 ans, sans avoir eu à tirer un seul coup de feu. »
Sur le terrain, au niveau de la collecte du renseignement, l’impréparation et la sous-estimation du danger, sont impressionnantes. Entre 2002 et 2005, le renseignement américain a totalement fait l’impasse sur l’Afghanistan, devenu un véritable trou noir en matière de collecte d’informations ; pas un seul satellite espion, braqué sur l’Irak, n’a été utilisé pour surveiller le sud du pays, à proximité de la frontière pakistanaise, où forces talibanes et troupes d’Al Qaïda sont concentrées.
Au début de l’année 2006, les rapports des renseignements de l’OTAN estiment à 300 le nombre de talibans opérant dans le sud et à 2 000 le total des combattants islamiques à travers le pays, une sous-évaluation qui va être lourde de conséquences. A la fin de l’été 2006, les talibans lanceront une vaste offensive pour prendre le contrôle de Kandahar, la grande ville du sud, ancien fief du mollah Omar. Les combats dureront jusqu’au 17 septembre et opposeront 2 300 Américains, 2 200 Canadiens et 3 300 Britanniques à des milliers de talibans et combattants d’Al Qaïda, remarquablement armés, entraînés et organisés. Selon l’OTAN, dans les combats à proximité de Kandahar, les talibans ont tiré plus de 400 000 munitions. Beaucoup ont échappé à la capture en s’enfuyant au Pakistan voisin.
Tous les renseignements obtenus révèlent le rôle central joué par Islamabad, qui sert de sanctuaire aux insurgés. Les chefs talibans sont installés à Qetta, une ville pakistanaise proche de la frontière. Avec l’aide des puissants services secrets pakistanais, l’ISI, les talibans et Al Qaïda ont installé dans les zones tribales, à la frontière pakistano-afghane, de petites fabriques d’armement. Les armes sont conçues ou montées du côté pakistanais par des membres des tribus vivant dans la zone, puis l’ISI les achemine jusqu’aux talibans qui les transportent jusqu’en Afghanistan, où elles sont assemblées. En privé, les responsables politiques membres de l’Alliance Atlantique, critiquent violemment le Pakistan. En public, pas un mot de réprobation ne filtre. Washington a clairement répété à ses alliés qu’il ne voulait pas affaiblir la position du Président Musharaff. Tony Blair, lui, refusera même de mettre en cause l’ISI au motif, confie-t-il en privé « que les services pakistanais nous aident, dans la lutte contre les réseaux terroristes en Grande-Bretagne ». En feignant d’ignorer que ces services pakistanais sont les relais les plus actifs du terrorisme au Pakistan, mais aussi parfois en Europe.
Les banques ont provoqué la crise la plus grave survenue depuis 1929. Pour la première fois, un livre nous entraîne dans les coulisses de Wall Street et de certaines banques européennes et nous révèle les secrets les plus inavouables d’un scandale financier sans précédent : falsifications des comptes, contournement des lois, systèmes clandestins. Un seul but, l’enrichissement des dirigeants.
Ce livre en démonte les rouages et permet de mieux comprendre pourquoi les banques sont aujourd’hui les seuls bénéficiaires de la crise qu’elles ont provoquée.
Au fil d’une enquête aux révélations étonnantes, on rencontre des dirigeants à la morgue insupportable et à l’incompétence parfois inqualifiable spéculant en inondant le marché de crédits « déchets » remaquillés en produit de qualité. On apprend que l’administration Obama a tout fait pour cacher l’insolvabilité de certains établissements, que des dirigeant d’entreprises au bord de la faillite se sont octroyés des bonus indécents avec l’argent du contribuable, que Paris et Washington ont dissimulé plus de 230 milliards de crédits toxiques détenus par des banques européennes.
De découvertes en découvertes, l’auteur nous fait pénétrer dans un univers qui repose sur le mensonge et l’opacité.
Cette avidité, ce cynisme ont conduit le monde au bord du gouffre.
Et maintenant ?