Eric Laurent
Grand reporter, écrivain, spécialiste en politique étrangère.
- 2004 - Publication de "La face cachée du 11 septembre", plus de 100 000 exemplaires vendus, 12 traductions étrangères, ce livre fait actuellement l’objet d’une adaptation télévisuelle.
En Russie, le niveau des réserves pétrolières relève du secret d’État. Et pour cause ! Elles ont été sciemment surévaluées. Du coup, Moscou tente de profiter des gisements existant dans les pays d’Asie Centrale.
En 1956, le géologue américain King Hubbert avait prévu avec succès le pic pétrolier [1] des Etats-Unis pour 1970. Les mêmes projections appliquées à la Russie, deuxième producteur mondial, diagnostiquèrent le pic pétrolier en 1987. Le pronostic suscita à l’époque scepticisme et sourires condescendants. Aujourd’hui, la majorité des experts s’accorde à admettre que le montant des réserves russes est grossièrement exagéré, estimant qu’il faut diviser par deux les chiffres publiés.
Depuis trois ans, même les experts russes, longtemps adeptes du silence et de la langue de bois, commencent à tirer la sonnette d’alarme. Un rapport rédigé en 2005 par la branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie fut immédiatement classé par Vladimir Poutine. Il révélait que près de 60 % de toutes les réserves pourvues en Sibérie étaient au bord de l’épuisement. Depuis un décret promulgué par l’ex-président russe, les réserves pétrolières sont considérées comme relevant du secret d’État.
Pourtant les informations alarmantes se multiplient. Les nombreux gisements exploités depuis l’ère soviétique en Sibérie occidentale connaissent, depuis le début de l’année, une chute dramatique de leur production et sont considérés comme proches de l’épuisement. Le groupe pétrolier Lukoil a averti que la production pétrolière russe pourrait au mieux stagner et plus sûrement décliner dans les décennies à venir. Une fort mauvaise nouvelle pour les consommateurs occidentaux mais aussi pour Moscou qui a fait de l’énergie l’atout maître de sa diplomatie et de son influence restaurée. Vladimir Poutine, sans convaincre, s’efforce de réfuter ces informations. Pour continuer d’exister sur la scène internationale, le Kremlin, dont le potentiel industriel est à peine au niveau de celui de la Hollande, n’a que deux atouts : le pétrole et le gaz.

Mais pour continuer d’approvisionner ses clients occidentaux, la Russie compte sur les gisements existants dans les pays d’Asie centrale. Au Turkménistan, déjà considéré comme une chasse gardée, mais aussi en Ouzbékistan et au Kazakhstan, le pouvoir russe et ses groupes énergétiques témoignent d’un activisme accru, renforçant les liens avec les régimes dictatoriaux en place, cherchant à prendre le contrôle de compagnies nationales. Cette stratégie politique se double d’une rivalité de clans. Le nouveau président russe, Medvedev était le président du géant gazier Gazprom dont la rivalité avec le groupe pétrolier Rosneft est notoire. Or, Rosneft est dirigé par le vice-premier ministre, Igor Sechin, dont l’adjoint au sein du groupe pétrolier, Sergeï Maryshkin, vient d’être nommé chef de l’administration présidentielle. Le poste que Sechin, le nouveau tsar de l’énergie, occupait justement auprès de Poutine lorsqu’il était président.
"Bush, l'Iran et la Bombe"
Enquête sur une guerre programmée

Les Etats-Unis et L'Iran sont-ils au bord de la guerre ?
Un conflit de cette ampleur, dans une zone aussi sensible, pourrait avoir des conséquences incalculables. Depuis plusieurs mois, Eric Laurent
enquête sur cet affrontement qui se profile. Il a rencontré les principaux protagonistes américains, iraniens, européens, russes, israéliens, restitué le détail des négociations engagées et aussi
obtenu des révélations sur une guerre qui semble déjà programmée du côté américain. Il révèle pour la première fois que dès la fin de l'année 2003, George W. Bush a adopté une directive top
secret, dont le nom de code est CONPLAN 8022 qui prévoit l'utilisation d'armes nucléaires tactiques contre l'Iran. Une première depuis Hiroshima. Il apporte des informations
stupéfiantes sur les hommes de l'ombre qui, autour du Vice Président Cheney ont poussé le président américain à l'épreuve de force. Malgré l'échec irakien. Avec son nouveau livre, Eric Laurent
nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, à Washington, mais aussi à Téhéran où le chef spirituel du Président iranien Ahmadinejad, l'Ayatollah Yazdi déclare que l'Iran doit se préparer à
une guerre imminente avec Washington qui conduira au retour immédiat du 12e Imam révéré par la religion Chiite. Nous découvrons aussi que malgré l'affrontement américano-iranien, les affaires
continuent, notamment pour la firme du Vice Président Chenney, Halliburton. Malgré l'interdiction officielle, la firme pétrolière possède un bureau à Téhéran, exploite un gisement gazien géant
iranien et coopère avec les gardiens de la Révolution iraniens pourtant considérés officiellement par l'administration Bush comme une organisation terroriste. Parmi les nombreuses révélations qui
composent l'ouvrage, Eric Laurent évoque l'opération Merlin : la CIA s'est trompée en voulant transmettre de fausses informations à Téhéran sur la fabrication de l'arme nucléaire et lui a en
réalité permis de réaliser des avancées considérables. Un livre qui déchiffre une des crises les plus graves que nous ayons jamais vécu, et l'énigme George W. Bush : désormais le Président
américain pense qu'il sera jugé par l'Histoire et la postérité et s'identifie à Truman, considéré aujourd'hui comme un des grands présidents après avoir connu des sommets
d'impopularité.
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