Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 22:48

Backchich.info
Lundi 21 janvier 2008

Les besoins énergétiques rendent parfois obsolètes les positions idéologiques. Téhéran a longtemps été copropriétaire avec Israël d’un pipeline qui acheminait la principale source de revenus de l’Iran.

"Faites ce que je dis mais pas ce que je fais."
Cet adage illustre le fossé qui existe souvent entre les intérêts économiques et les positions politiques. En 1973, lors du premier "choc pétrolier", un embargo avait été décrété par les pays arabes producteurs de pétrole afin d’obtenir de l’occident, et plus particulièrement des États-Unis, qu’il exerce des pressions sur Israël. Cet embargo fut battu en brèche… par l’URSS. Moscou, qui appuyait pourtant officiellement l’initiative des pays arabes, importa alors du pétrole provenant de "concessions" nationalisées par son allié irakien et revendit le fruit de "cette victoire anti-impérialiste"… aux États-Unis.

Pour que ce réalisme commercial interfère peu avec les principes politiques, le pétrole irakien est d’abord acheminé en Roumanie, seul pays d’Europe de l’Est à conserver des relations diplomatiques avec Israël, puis revendu aux États-Unis par le biais d’une société commerciale soviétique. En fait, les réalités de l’interdépendance rendent parfois obsolètes les positions idéologiques.

Les pipelines, ces veines jugulaires indispensables à la survie économique des États, en sont une excellente illustration. Dans les années 70-80, le dictateur communiste roumain Nicolas Ceausescu avait imprimé un cours original à la diplomatie roumaine : il entretenait des relations étroites avec Israël ainsi qu’avec l’Iran du Shah, deux pays vilipendés par Moscou et ses alliés. Une attitude qui allait lui permettre de retirer de substantiels bénéfices.

La Roumanie importa de grandes quantités de pétrole iranien en partie à travers un pipeline construit par Israël. Des livraisons qui se poursuivirent alors que la guerre Iran-Irak battait son plein. L’actuel président iranien qui propose de rayer Israël de la carte cache soigneusement cette réalité à son opinion : Téhéran était copropriétaire avec Israël d’un pipeline qui acheminait la principale source de revenus du pays.


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Par Eric Laurent - Publié dans : Presse - Backchich.info
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A Paraître

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N°ISBN 9782259212564

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