Eric Laurent
Grand reporter, écrivain, spécialiste en politique étrangère.
- 2004 - Publication de "La face cachée du 11 septembre", plus de 100 000 exemplaires vendus, 12 traductions étrangères, ce livre fait actuellement l’objet d’une adaptation télévisuelle.
L’état pétrolier du monde donne le vertige : notre planète consomme actuellement un milliard de barils tous les douze jours et donc plus de 30 milliards de barils par an. Soit l’équivalent d’un gisement géant. S’il existe une véritable folie des hommes, elle tient à leur aveuglement. Une conversion en litres frappe d’avantage encore l’imagination. Un baril de pétrole équivaut à 159 litres et nous consommons chaque jour 85 millions de barils, soit 13 milliards de litres.
Dans une étude prémonitoire, il y a plus de vingt ans, Denis Hayes, directeur du Solar Energy Research Institute du Colorado, écrivait : " L’explication probable de l’incapacité des nations industrielles à prévoir la crise pétrolière qui va se déclencher est sans doute la durée extraordinairement courte de la
civilisation du pétrole. Les enfants du pétrole ont tendance à oublier combien cette période a été brève."
Il y a moins de cinquante ans, les trois
quarts de l’énergie du monde provenaient encore du charbon et 16 % seulement du pétrole. En 1950, le charbon en fournissait encore 60 %. C’est dans les deux décennies qui ont suivi que
le pétrole a pris son élan pour dépasser le charbon dans les années 1960 (en 1967 exactement).
J’ai fait un constat effarant au cours de mon enquête pour mon livre La face cachée du pétrole* : les chiffres concernant l’ampleur réelle des réserves pétrolières mondiales sont faux, quand ils émanent des pays producteurs ou des compagnies pétrolières. Une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers. Les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur profitabilité. Les gouvernements des Etats consommateurs, en fermant les yeux, évitent l’impopularité. De plus, le prix du pétrole payé par les consommateurs constitue un véritable transfert de richesses pour les Etats, à travers les taxes. En France, leur montant sur le pétrole, si on ajoute la TVA, dépasse 75 % du prix à la pompe.
En examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, j’ai fait une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65 %, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils.
Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à lui, les réserves prouvées de l’Arabie Saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50 %. Pour l’émirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988. Quant à l’Irak, les 49 milliards de barils de 1985 deviennent 100 milliards en 1988. Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus.
Téhéran a publié en 2003 une réévaluation de 35,7 % de ses réserves, les portant de 96,4 milliards de barils à la fin 1999 à 130 milliards à la fin de 2002. Pour les autorités iraniennes, cette réévaluation phénoménale serait justifiée par l’amélioration du taux de récupération de pétrole. Un argument qui suscite une profonde incrédulité chez tous les experts. Ces exagérations sont d’autant plus faciles que les réserves prouvées sont inventoriées par les Etats producteurs et les compagnies pétrolières, sans aucun contrôle extérieur. De plus, ces chiffres sont publiés chaque année par les deux annuaires de référence du monde pétrolier, BP Statistical Review et Oil and Gas Journal, qui ne s’interrogent jamais sur la fiabilité et la réalité de ces informations.
Selon le géologue Colin Campbell qui a travaillé pour Texaco, BP et Aramco, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont
"douteuses" sinon "fausses". Et face à cette réalité, les gouvernements sont, selon lui, pathétiquement mal informés et mal préparés. La falsification
des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique. Campbell affirme : Si les chiffres réels étaient connus, ce serait la
panique sur les marchés financiers." Les tensions actuelles sur les prix — le baril a dépassé les 100 dollars la semaine dernière — découlent du tarissement des réserves disponibles qui
coïncide avec un accroissement sans précédent de la consommation, notamment en provenance de la Chine et de l’Inde. Chaque jour, pour un baril de découvert, six barils sont
consommés.
Pour découvrir Backchich.info :
http://www.bakchich.info/article2294.html
"Bush, l'Iran et la Bombe"
Enquête sur une guerre programmée

Les Etats-Unis et L'Iran sont-ils au bord de la guerre ?
Un conflit de cette ampleur, dans une zone aussi sensible, pourrait avoir des conséquences incalculables. Depuis plusieurs mois, Eric Laurent
enquête sur cet affrontement qui se profile. Il a rencontré les principaux protagonistes américains, iraniens, européens, russes, israéliens, restitué le détail des négociations engagées et aussi
obtenu des révélations sur une guerre qui semble déjà programmée du côté américain. Il révèle pour la première fois que dès la fin de l'année 2003, George W. Bush a adopté une directive top
secret, dont le nom de code est CONPLAN 8022 qui prévoit l'utilisation d'armes nucléaires tactiques contre l'Iran. Une première depuis Hiroshima. Il apporte des informations
stupéfiantes sur les hommes de l'ombre qui, autour du Vice Président Cheney ont poussé le président américain à l'épreuve de force. Malgré l'échec irakien. Avec son nouveau livre, Eric Laurent
nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir, à Washington, mais aussi à Téhéran où le chef spirituel du Président iranien Ahmadinejad, l'Ayatollah Yazdi déclare que l'Iran doit se préparer à
une guerre imminente avec Washington qui conduira au retour immédiat du 12e Imam révéré par la religion Chiite. Nous découvrons aussi que malgré l'affrontement américano-iranien, les affaires
continuent, notamment pour la firme du Vice Président Chenney, Halliburton. Malgré l'interdiction officielle, la firme pétrolière possède un bureau à Téhéran, exploite un gisement gazien géant
iranien et coopère avec les gardiens de la Révolution iraniens pourtant considérés officiellement par l'administration Bush comme une organisation terroriste. Parmi les nombreuses révélations qui
composent l'ouvrage, Eric Laurent évoque l'opération Merlin : la CIA s'est trompée en voulant transmettre de fausses informations à Téhéran sur la fabrication de l'arme nucléaire et lui a en
réalité permis de réaliser des avancées considérables. Un livre qui déchiffre une des crises les plus graves que nous ayons jamais vécu, et l'énigme George W. Bush : désormais le Président
américain pense qu'il sera jugé par l'Histoire et la postérité et s'identifie à Truman, considéré aujourd'hui comme un des grands présidents après avoir connu des sommets
d'impopularité.
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