Edito
Bonne navigation...
Eric Laurent
Grand reporter, écrivain, spécialiste en politique étrangère.
- 2004 - Publication de "La face cachée du 11 septembre", plus de 100 000 exemplaires vendus, 12 traductions étrangères, ce livre fait actuellement l’objet d’une adaptation télévisuelle.
Le Soir - Vendredi 7 décembre 2007
« Il y a chez Bush le désir de racheter sa présidence par une intervention en Iran ».
Propos recueillis par Alain Lallemand.
Dans votre dernier ouvrage, vous expliquez pourquoi et comment l’administration Bush aurait déjà planifié sa prochaine frappe militaire contre l’Iran. Vous
évoquez, comme Seymour Hersh en avril 2006, la possibilité de frappes nucléaires tactiques américaines avant la fin de 2008. Vous y croyez ?
Je pense que le dossier iranien, pour cette administration, de même que pour tous les candidats à la présidence, est une priorité. La grande différence entre le dossier iranien et irakien, c’est qu’il y a ici un consensus bipartisan. Mmes Pelosi, Clinton, M. Obama sont sur la même ligne que le président Bush ou M. Cheney : il n’est pas tolérable que l’Iran détienne l’arme nucléaire. Et cela est l’une des clés qui explique l’aisance avec laquelle le président pourrait s’emparer de ce dossier pour déclencher un conflit.
Est-ce que vous percevez cela davantage comme une tendance unanime dans le milieu politique américain, ou comme une obsession personnelle, la volonté de M. Bush de marquer la fin de son second et dernier mandat présidentiel ?
Je pense qu’il y a chez lui le désir de racheter sa présidence par cette intervention militaire, parce que l’Iran lui apparaît comme étant la principale menace pour le reste du monde. Autant le dossier de l’Irak est devenu implaidable, autant il paraît relativement fondé en ce qui concerne l’Iran. Un récent sondage indiquait que 52 % des Américains sont favorables à des frappes contre l’Iran.
Mais avec un dossier de preuve qui, si je vous lis, est tout aussi pourri que le dossier irakien : vous relevez une source de renseignement qui parle d’informations erronées à 80 %…
C’est ce qui est passionnant dans ce dossier : il y a de fortes présomptions, mais aucune preuve tangible. Traduit devant un tribunal, l’Iran serait
probablement, aujourd’hui, acquitté. Mais les présomptions sont plus fortes que pour l’Irak. (…)
Les banques ont provoqué la crise la plus grave survenue depuis 1929. Pour la première fois, un livre nous entraîne dans les coulisses de Wall Street et de certaines banques européennes et nous révèle les secrets les plus inavouables d’un scandale financier sans précédent : falsifications des comptes, contournement des lois, systèmes clandestins. Un seul but, l’enrichissement des dirigeants.
Ce livre en démonte les rouages et permet de mieux comprendre pourquoi les banques sont aujourd’hui les seuls bénéficiaires de la crise qu’elles ont provoquée.
Au fil d’une enquête aux révélations étonnantes, on rencontre des dirigeants à la morgue insupportable et à l’incompétence parfois inqualifiable spéculant en inondant le marché de crédits « déchets » remaquillés en produit de qualité. On apprend que l’administration Obama a tout fait pour cacher l’insolvabilité de certains établissements, que des dirigeant d’entreprises au bord de la faillite se sont octroyés des bonus indécents avec l’argent du contribuable, que Paris et Washington ont dissimulé plus de 230 milliards de crédits toxiques détenus par des banques européennes.
De découvertes en découvertes, l’auteur nous fait pénétrer dans un univers qui repose sur le mensonge et l’opacité.
Cette avidité, ce cynisme ont conduit le monde au bord du gouffre.
Et maintenant ?
Commentaires