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Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /Jan /2008 08:53
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Samedi 26 janvier 2008


En six ans, les Etats-Unis ont versé 10 milliards de dollars au Pakistan pour l’aider à lutter contre le terrorisme et Al Qaida. Un bien mauvais calcul…

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, Georges W. Bush déclarait d’un ton catégorique : « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. » Il aurait mieux fait de dire : « ceux qui sont avec nous sont contre nous. » Dans sa « guerre contre le terrorisme », l’administration américaine s’appuyait en effet sur deux faux alliés : l’Arabie Saoudite, qui n’a jamais cessé de financer les extrémistes islamistes, et le Pakistan. Le président Musharaff, aujourd’hui au pied du mur, pratique depuis 2001 un double jeu retors.

Erreurs grossières de la part de Washington

Officiellement allié des Etats-Unis, le régime pakistanais a continué de soutenir en sous-main les talibans et de favoriser la sanctuarisation des dirigeants d’Al Qaida dans les zones tribales qui, théoriquement, échappent à son contrôle. Dans ce contexte, Washington a commis deux erreurs majeures, aux conséquences énormes : 1) Se détourner du dossier afghan, après le renversement du régime taliban, pour préparer l’intervention militaire contre l’Irak. La traque des dirigeants d’Al Qaida, leur neutralisation ainsi que celle des unités talibanes auraient certainement permis de réduire le niveau de la menace terroriste. 2) Cette erreur d’évaluation s’est doublée d’une confiance aveugle en la capacité affichée de Musharaff d’endiguer la menace islamiste. Entre 2001 et 2007, les Etats-Unis ont versé, dans le cadre de la lutte contre la terreur, plus de 10 milliards de dollars au Pakistan. Une large partie a été détournée par les militaires. Un expert militaire américain, récemment en tournée d’inspection dans ces zones tribales, a constaté, indigné, que les soldats pakistanais chargés de surveiller cette zone accidentée et enneigée, étaient équipés d’armes usagées et portaient aux pieds de pauvres sandales d’été.


Le Pakistan, base arrière d’Al Qaida

Musharaff est un illusionniste. Avec Georges W. Bush et les autres dirigeants américains, il invoque Abraham Lincoln. Mais, en réalité, il a laissé croître et proliférer les mouvements taliban et les réseaux d’Al Qaida, persuadé ainsi qu’il achèterait leur neutralité. En 2006, il a signé un cessez le feu qui autorisait les responsables terroristes et leurs militants à se regrouper dans ces zones tribales renforçant ainsi leur sanctuarisation. Une situation potentiellement explosive. En juillet 2007, un rapport du National Intelligence Estimate, opérant la synthèse des informations recueillies par les 16 agences de renseignement américaines, évoquait le retour en force alarmant d’Al Qaida au Pakistan. L’organisation avait installé des camps d’entraînement sur le territoire pakistanais et préparait de nombreuses attaques terroristes. Celles-ci ont été déclenchées en 2007 quand Musharaff a mis fin au cessez-le-feu. Désormais, le Pakistan n’est plus un allié des Etats-Unis mais la plus importante base arrière d’Al Qaida.

Bientôt l’envoi de commandos de la CIA ?

Après l’assassinat de Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007, une réunion de crise s’est tenue à la Maison-Blanche et a réuni le vice-président Dick Cheney, Condoleeza Rice, les chefs du renseignement ainsi que Stephen Hadley, le responsable du Conseil national de sécurité. Au menu : l’aggravation de la menace terroriste au Pakistan et les risques de déstabilisation du pays. Au cours de cette rencontre plusieurs responsables ont insisté sur la nécessité de s’impliquer davantage militairement pour contrer les Talibans et Al Qaida. L’un d’eux a confié : « pendant des années nous nous sommes focalisés sur l’Afghanistan alors que les extrémistes, eux, prenaient pour cible prioritaire le Pakistan. » Lors de deux autres rencontres au cours des jours suivants, en présence cette fois de Georges W. Bush, l’envoi de forces spéciales, notamment de la CIA, dans les zones tribales pour contrebalancer l’inertie de l’armée pakistanaise et traquer les dirigeants d’Al Quaeda a été évoqué. Une solution écartée en raison du refus d’Islamabad.

Double jeu pakistanais

A l’heure actuelle les Etats-Unis n’ont que cinquante soldats stationnés sur le sol pakistanais et assistent impuissant à la dégradation de la situation. L’ISI, le puissant service secret militaire a perdu tout contrôle sur des réseaux entiers de militants islamistes radicaux, proches des talibans ou d’Al Qaida. Un officier de l’ISI responsable de l’un de ces réseaux a confié « nous les avons endoctriné en leur disant qu’ils iraient au Paradis en cas d’attentat. Ils nous ont cru mais désormais, c’est contre nous qu’ils agissent. » Pire, de nombreux cadres de l’ISI sont soupçonnés d’être passés dans le camp des islamistes et de continuer à les protéger et à les renseigner. Pour un responsable du renseignement américain, cette dérive est le résultat du « double jeu » pratiqué par Musharaff et l’ISI. « Ils prétendaient coopérer avec nous pour traquer les membres d’Al Qaida et les talibans, alors qu’en réalité ils les ménageaient et les gardaient en réserve. »

Attentats en série

Un autre fait alarme désormais la communauté du renseignement américain : plusieurs attentats soigneusement ciblés ont récemment visé l’ISI et l’armement nucléaire pakistanais. Par exemple, un bus dépourvu de toute immatriculation, assurant le transport d’employés travaillant au quartier général de l’ISI, a été frappé par la bombe d’un kamikaze. Bilan : 25 morts. Quelques semaines plus tard, un autre bus a explosé alors qu’il allait pénétrer au siège de l’ISI, pourtant soigneusement gardé. Six membres d’un réseau d’Al Qaida, tous pakistanais, ont été arrêtés récemment alors qu’ils préparaient des attentats contre des cibles militaires. Leur chef était un ancien major de l’armée qui avait organisé, le 1er novembre 2007, une attaque suicide contre un bus militaire, dans la ville de Sarghoda où sont stockées les armes nucléaires pakistanaises.

La stratégie de Ben Laden

La stratégie d’Oussama Ben Laden s’articule depuis toujours autour de deux cibles : la péninsule arabique et notamment sa bête noire, l’Arabie Saoudite, dont les réserves en pétrole pourraient devenir demain une arme imparable envers l’occident ; et le Pakistan où l’ISI l’a toujours soutenu. Un pays précieux à ses yeux, puisqu’il demeure la seule puissance nucléaire du monde musulman, et qu’il s’emploie désormais à déstabiliser, mettant à profit l’aveuglement persistant des Etats-Unis et le fascinant état de déni dans lequel Musharaff et ses proches paraissent plongés face à cette montée de l’extrémisme.

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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 22:48

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Lundi 21 janvier 2008

Les besoins énergétiques rendent parfois obsolètes les positions idéologiques. Téhéran a longtemps été copropriétaire avec Israël d’un pipeline qui acheminait la principale source de revenus de l’Iran.

"Faites ce que je dis mais pas ce que je fais."
Cet adage illustre le fossé qui existe souvent entre les intérêts économiques et les positions politiques. En 1973, lors du premier "choc pétrolier", un embargo avait été décrété par les pays arabes producteurs de pétrole afin d’obtenir de l’occident, et plus particulièrement des États-Unis, qu’il exerce des pressions sur Israël. Cet embargo fut battu en brèche… par l’URSS. Moscou, qui appuyait pourtant officiellement l’initiative des pays arabes, importa alors du pétrole provenant de "concessions" nationalisées par son allié irakien et revendit le fruit de "cette victoire anti-impérialiste"… aux États-Unis.

Pour que ce réalisme commercial interfère peu avec les principes politiques, le pétrole irakien est d’abord acheminé en Roumanie, seul pays d’Europe de l’Est à conserver des relations diplomatiques avec Israël, puis revendu aux États-Unis par le biais d’une société commerciale soviétique. En fait, les réalités de l’interdépendance rendent parfois obsolètes les positions idéologiques.

Les pipelines, ces veines jugulaires indispensables à la survie économique des États, en sont une excellente illustration. Dans les années 70-80, le dictateur communiste roumain Nicolas Ceausescu avait imprimé un cours original à la diplomatie roumaine : il entretenait des relations étroites avec Israël ainsi qu’avec l’Iran du Shah, deux pays vilipendés par Moscou et ses alliés. Une attitude qui allait lui permettre de retirer de substantiels bénéfices.

La Roumanie importa de grandes quantités de pétrole iranien en partie à travers un pipeline construit par Israël. Des livraisons qui se poursuivirent alors que la guerre Iran-Irak battait son plein. L’actuel président iranien qui propose de rayer Israël de la carte cache soigneusement cette réalité à son opinion : Téhéran était copropriétaire avec Israël d’un pipeline qui acheminait la principale source de revenus du pays.


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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 22:35

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Mardi 16 janvier 2008

Alors que le président Bush parade en Arabie Saoudite, en Irak, mais aussi au Liban et au Pakistan, l’administration américaine témoigne d’un aveuglement croissant et fait le choix du pire…

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad a été profondément ébranlée, au début de l’année 2007, par les rapports des services de renseignements américains et irakiens. Des documents saisis ont révélé que les Forces d’al-Qods (l’unité des gardiens de la Révolution iranienne entre autres spécialisée dans les opérations terroristes et de guérilla) soutiennent désormais à la fois des groupes chiites et leurs adversaires sunnites en Irak. Les membres d’al-Qods coopèrent avec les réseaux d’al-Qaida et d’Ansar al-Sunna (groupe armé irakien) implantés en Irak. Cette stratégie iranienne vise à contrer l’éventuel soutien que les voisins sunnites de l’Irak pourraient apporter aux groupes rebelles.

Virage américain à 180 degrés

Les Américains prétendent avoir capturé le chef d’al-Qods, un commandant portant le nom de Chizani, dans un appartement appartenant à l’ayatollah Hakim ; l’un des principaux chefs chiites sur lequel compte George W. Bush pour créer une nouvelle coalition excluant le chef radical Moqtada al-Sadr. Cette alliance militaro-terroriste aurait été scellée à Téhéran et les groupes d’al-Qods, appliquant une stratégie de la tension, auraient coopéré avec les groupes sunnites qui attaquèrent et détruisirent la mosquée d’Or de Samarra, un des hauts lieux du chiisme.

Washington va alors faire le choix du pire ou le pire des choix et opérer, en mars 2007, un changement radical de stratégie. Le prince Bandar, l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington et intime du président américain, est l’artisan de ce virage à 180 degrés. Désormais, l’administration américaine se rallie à la ligne dure prônée par certains dirigeants saoudiens qui estiment que l’Iran représente en Irak un plus grand danger que les sunnites radicaux proches d’al-Qaida.

Un stratège nommé Bandar

Bandar bin Sultan se veut un stratège. En approuvant dans les années 1980 le financement des moudjahidin afghans et l’envoi de volontaires arabes pour lutter contre les Soviétiques, il avait fait naître Ben Laden et al-Qaida. Désormais, toujours unis, Washington et Riyad financent et arment huit mouvements extrémistes proches de l’organisation terroriste pour combattre l’influence iranienne. Pour l’administration Bush, ce soutien à des mouvements sunnites radicaux qui combattent les troupes américaines représente la négation de la lutte contre le terrorisme qu’elle prétend mener depuis 2001. Cette stratégie d’« endiguement » de l’Iran compromet également encore plus ses perspectives de victoire en Irak. Le Premier ministre irakien, Al-Maliki, s’est d’ailleurs inquiété de ce nouveau cours auprès des responsables américains en visite à Bagdad. « Sans obtenir de réponse claire », selon un de ses proches collaborateurs.

La nouvelle stratégie américaine, qui n’a jamais été reconnue officiellement par l’Administration, a vu son périmètre s’élargir à l’occasion de la visite au Pakistan, en février 2007, du vice-président Cheney. Une partie de ses entretiens avec le président Moucharaff, au palais présidentiel, a porté sur le financement et le soutien logistique au groupe Jundullah. Encadré par l’ISI, le service secret pakistanais, financé par les Saoudiens et supervisé par des hommes des Forces spéciales du Pentagone, ce gang tribal du Balûchistân, la province frontalière de l’Iran, a pour mission de kidnapper et d’assassiner des militaires iraniens.

Haine de l’Amérique à tous les étages

Ces « combattants de la liberté » ont été choisis par les Américains et les Pakistanais en raison de leurs états de service : activistes sunnites, ils combattaient en Afghanistan aux côtés des talibans, tout en se livrant parallèlement au trafic de drogue… Enfin, depuis la victoire du Hezbollah, que les néoconservateurs considéraient, avant septembre 2001, comme une organisation terroriste encore plus dangereuse qu’al-Qaida, le Liban est l’enjeu d’une guerre secrète. Pour contrer l’Iran et son allié libanais, l’Arabie Saoudite décide de soutenir le gouvernement à dominante sunnite de Fouad Siniora, l’argent transitant par les Américains. Entre juin 2006 et janvier 2007, les responsables gouvernementaux libanais reçoivent plus d’un milliard de dollars auxquels s’ajoutent 200 millions de dollars d’aide militaire, dont 40 millions consacrés à la sécurité intérieure. Il s’agit d’un jeu dangereux car les Saoudiens, les Etats-Unis et le gouvernement libanais financent également des groupes salafistes antichiites dont le principal dénominateur commun est la haine de l’Amérique.

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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 10:06
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Mardi 8 janvier 2008


Pour fêter la nouvelle année, le prix du baril de pétrole a dépassé le seuil des 100 dollars. Normal : les réserves s’épuisent. Pour ne rien arranger, les chiffres concernant l’ampleur desdites réserves sont délibérément falsifiés. Eric Laurent, auteur de "La face cachée du pétrole", a mené l’enquête.
 

L’état pétrolier du monde donne le vertige : notre planète consomme actuellement un milliard de barils tous les douze jours et donc plus de 30 milliards de barils par an. Soit l’équivalent d’un gisement géant. S’il existe une véritable folie des hommes, elle tient à leur aveuglement. Une conversion en litres frappe d’avantage encore l’imagination. Un baril de pétrole équivaut à 159 litres et nous consommons chaque jour 85 millions de barils, soit 13 milliards de litres.

Dans une étude prémonitoire, il y a plus de vingt ans, Denis Hayes, directeur du Solar Energy Research Institute du Colorado, écrivait : " L’explication probable de l’incapacité des nations industrielles à prévoir la crise pétrolière qui va se déclencher est sans doute la durée extraordinairement courte de la civilisation du pétrole. Les enfants du pétrole ont tendance à oublier combien cette période a été brève."
Il y a moins de cinquante ans, les trois quarts de l’énergie du monde provenaient encore du charbon et 16 % seulement du pétrole. En 1950, le charbon en fournissait encore 60 %. C’est dans les deux décennies qui ont suivi que le pétrole a pris son élan pour dépasser le charbon dans les années 1960 (en 1967 exactement).

Une conspiration du silence et du mensonge

J’ai fait un constat effarant au cours de mon enquête pour mon livre La face cachée du pétrole* : les chiffres concernant l’ampleur réelle des réserves pétrolières mondiales sont faux, quand ils émanent des pays producteurs ou des compagnies pétrolières. Une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers. Les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur profitabilité. Les gouvernements des Etats consommateurs, en fermant les yeux, évitent l’impopularité. De plus, le prix du pétrole payé par les consommateurs constitue un véritable transfert de richesses pour les Etats, à travers les taxes. En France, leur montant sur le pétrole, si on ajoute la TVA, dépasse 75 % du prix à la pompe.

Coup de baguette magique sur les réserves

En examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, j’ai fait une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65 %, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils.

Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à lui, les réserves prouvées de l’Arabie Saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50 %. Pour l’émirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988. Quant à l’Irak, les 49 milliards de barils de 1985 deviennent 100 milliards en 1988. Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus.

L’Iran marche aussi dans la combine

Téhéran a publié en 2003 une réévaluation de 35,7 % de ses réserves, les portant de 96,4 milliards de barils à la fin 1999 à 130 milliards à la fin de 2002. Pour les autorités iraniennes, cette réévaluation phénoménale serait justifiée par l’amélioration du taux de récupération de pétrole. Un argument qui suscite une profonde incrédulité chez tous les experts. Ces exagérations sont d’autant plus faciles que les réserves prouvées sont inventoriées par les Etats producteurs et les compagnies pétrolières, sans aucun contrôle extérieur. De plus, ces chiffres sont publiés chaque année par les deux annuaires de référence du monde pétrolier, BP Statistical Review et Oil and Gas Journal, qui ne s’interrogent jamais sur la fiabilité et la réalité de ces informations.

46 % des ressources sont fausses

Selon le géologue Colin Campbell qui a travaillé pour Texaco, BP et Aramco, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont "douteuses" sinon "fausses". Et face à cette réalité, les gouvernements sont, selon lui, pathétiquement mal informés et mal préparés. La falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique. Campbell affirme : Si les chiffres réels étaient connus, ce serait la panique sur les marchés financiers." Les tensions actuelles sur les prix — le baril a dépassé les 100 dollars la semaine dernière — découlent du tarissement des réserves disponibles qui coïncide avec un accroissement sans précédent de la consommation, notamment en provenance de la Chine et de l’Inde. Chaque jour, pour un baril de découvert, six barils sont consommés. 

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Par Eric Laurent - Publié dans : Presse - Backchich.info
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 10:37

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Mercredi 19 décembre 2007


Eric Laurent raconte "comment Israël a jadis aidé le colonel Kadhafi à sauver sa peau lorsque sa propre armée complotait contre lui" dans "Petits secrets" de Backchich.info
:

"J’étais allé à Tel-Aviv pour réaliser un portrait de Meir Amit, un des directeurs "historiques" du Mossad. L’adresse fixée pour le rendez-vous se situait en banlieue et correspondait à une maison d’un étage, plutôt à l’abandon, mais ceinturée d’un petit jardin qui paraissait, lui, soigneusement entretenu. Une femme âgée, au visage autoritaire, fumant une cigarette avait ouvert et, sans même articuler un mot, m’avait désigné de la main une pièce dans l’entrée, totalement vide à l’exception de cinq chaises. Quand elle revint me chercher, je découvris que l’ensemble de la maison était inoccupée et dépourvue d’ameublement, à l’exception du petit bureau de Meir Amit qui jouxtait le sien.

Pendant toute la durée de l’entretien, je l’entendis qui frappait avec vigueur le clavier d’une vieille machine à écrire. Au terme de notre conversation, Amit, regard malicieux, me demanda : "Vous voyagez dans les pays arabes ?" Je lui répondis, "fréquemment", d’ailleurs récemment j’étais en Libye pour réaliser une interview de Khadafi.
 À cet instant, la conversation fut interrompue par un appel téléphonique auquel il répondit brièvement avant de raccrocher, puis il me dit :  "Un ami avec qui j’avais rendez-vous va nous rejoindre, il a longtemps travaillé avec moi. Attendez avant de poursuivre votre récit, ça devrait l’intéresser."

Je vis entrer dans la pièce un homme massif et trapu au visage barré d’une épaisse moustache grise. Il ressemblait, en plus jeune, à l’ancien premier ministre Itzhak Shamir. Amit dut lui résumer en hébreu notre conversation car l’homme me demanda d’un ton amusé : "Alors, vous avez vu Kadhafi ?"

"Oui, à plusieurs reprises mais cette fois dans le désert, sous sa tente. Un endroit d’ailleurs difficile à localiser, car tous les panneaux d’indication, sur les routes d’accès, sont camouflés." En écoutant mes propos, Amit et son ami échangèrent un large sourire ironique, puis l’ancien directeur du Mossad se pencha vers moi."

« Qu’il soit à Tripoli ou sous sa tente, nous sommes toujours en mesure de le localiser. Vous savez… Il marqua un bref silence comme s’il savourait la confidence qu’il allait me faire… à deux reprises, son armée complotait contre lui et se préparait à le renverser. Et il n’était absolument pas au courant. C’est nous qui l’avons alerté et sauvé. Croyez-moi, je sais qu’il ne l’a pas oublié.

Retrouvez les articles : http://www.bakchich.info/article2156.html

Par Eric Laurent - Publié dans : Presse - Backchich.info
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A Paraître

scandale delocalisations

Ce livre révèle que le monde des affaires mène une véritable guerre contre l’emploi. Des milliers de postes, même hautement qualifiés, sont constamment détruits en France, en Europe, comme aux Etats-Unis, pour être transférés en Chine et en Inde. Une quête du profit à court terme où les salaires sont sacrifiés à l’avidité des actionnaires.

Le scandale des délocalisations entraîne le lecteur dans les coulisses d’une réalité, dont l’ampleur et la gravité sont soigneusement occultées par les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques. Il découvrira comment un fonds créé par Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise finance les délocalisations. Il apprendra comment l’Union européenne, déjà impuissante à créer des emplois, s’empresse de détruire ceux qui existent.

En délocalisant massivement, les industriels occidentaux sont tombés dans un véritable piège, soigneusement tendu par l’Inde et la Chine, et les bénéfices de la mondialisation leur échappent désormais.

Au terme de cette enquête emplie de révélations, Le scandale des délocalisations pose une question cruciale : un pays peut-il perdre ses emplois et continuer de prospérer ?

 

A Paraître chez PLON le 24 Février 2011

N°ISBN 9782259212564

Prix : 21€

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