Emission du 8 avril 2008.

À quel moment se situe-t-on des relations entre le Québec et Ottawa ?

Les relations tumultueuses entre le Québec et l’État fédéral traversent aujourd’hui une période de relative accalmie. Un calme trompeur car la volonté du Québec de maintenir sa singularité, demeure toujours aussi grande, et le rêve d’indépendance n’est toujours pas mort. En fait, les relations entre le pouvoir fédéral et les gouvernements successifs du Québec ont toujours été marquées par des phases de tensions et d’affrontements, ponctués de périodes semblables à celles qui existent aujourd’hui.

Une carte anglophone de la Province de Québec !
 © forsalebyownercanada.com

Invité : Jean-François Lisée.  Directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERIUM) de l’Université de Montréal (Québec).

Pour écouter l'émission sur France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=61401


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Backchich.info
jeudi 3 avril 2008


Des investissements supérieurs aux sommes injectées par la Banque Mondiale, 800 000 Chinois installés sur place… L’Afrique est en passe d’être dévorée toute crue par l’Empire du milieu.

La croissance et même la survie économique de la Chine dépendent, paradoxalement et pour une part croissante, du continent le moins développé, l’Afrique. Pékin absorbe désormais 25 % de tout le cuivre consommé à travers le monde, 40 % du charbon, 35 % de l’acier, 10 % du pétrole et sa demande ne cesse de croître, et 90 % de tout l’aluminium. Une économie dévoreuse d’énergie, boulimique en matières premières qui s’est tout naturellement tournée vers la région qui en est le mieux pourvu.

Les Chinois ont lancé une véritable OPA sur l’Afrique en profitant à la fois de la perte d’influence occidentale, notamment française en Afrique de l’Ouest, et de la crise que traversent les institutions chargées de l’aide au développement : en 2007 Pékin a investi plus de 9 milliards de dollars en Afrique alors que la Banque Mondiale s’est révélée incapable d’y injecter plus de 2,5 milliards de dollars. L’organisation internationale basée à Washington tente désormais de convaincre la Chine de devenir son partenaire pour le financement des projets africains.

La Chine à l’assaut de l’Afrique
© PieR Gajewski
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Plus de 800 000 Chinois travaillent déjà sur ce continent pour plus de 900 entreprises de toutes tailles. Ils extraient le cuivre et le cobalt en Zambie et au Congo, le platine et le chrome au Zimbabwe ; ils achètent d’énormes quantités de bois au Gabon, au Cameroun, au Mozambique, en Guinée équatoriale et au Libéria, ainsi que l’acier, l’or, le charbon, le nickel dans tous les pays de cette zone qui en détiennent ou en produisent. L’Angola fournit la moitié du pétrole importé d’Afrique par Pékin. En janvier 2005 le gouvernement de Luanda a bénéficié d’un prêt chinois de 2 milliards de dollars gagés sur le pétrole, qui a augmenté d’un milliard de dollars l’année suivante. Officiellement pour réparer les infrastructures déficientes.

Les Chinois détournent le regard

En réalité, la Chine sait qu’elle traite avec des régimes totalement corrompus qui détournent à leur profit une partie de ces sommes. En juillet 2005, la Chine et le Nigeria, autre exemple de corruption à tous les niveaux, ont signé un accord de 800 millions de dollars qui prévoit la livraison de 30 000 barils de pétrole quotidien à la Chine ; le régime nigérian a aussi octroyé à la Chine des licences de forage en échange de 4 milliards de dollars.

Pour les nombreux dictateurs qui peuplent cette région, Pékin constitue une manne et une bénédiction : le régime chinois offre une alternative au tête à tête de plus en plus pesant et tendu avec les occidentaux, ne manifeste aucune exigence en matière de démocratie ou de bonne gouvernance, et enfin, propose gratuitement des services que ces régimes ont toujours été incapables d’offrir à leur population. Plus de 15 000 médecins chinois ont ouvert des dispensaires dans 47 États africains.

La Chine : un généreux investisseur

Désormais, l’Afrique fournit 1/3 du pétrole importé par Pékin. Ce qui explique qu’en 2006-2007, le Président chinois Hu Jin Tao ait visité 17 pays du continent. En 2005, le flux commercial entre la Chine et l’Afrique s’élevait à 40 milliards de dollars, il dépassera les 100 milliards de dollars avant 2010. Les réserves financières de la Chine dépassent 1 500 milliards de dollars et Pékin joue de cette puissance financière pour séduire, contrôler. En juin 2006, le Sénégal a ainsi bénéficié d’un allègement de sa dette, qui atteignait alors 20 millions de dollars.

Par ailleurs, la Chine s’est engagée à investir 35 millions de dollars dans le dernier délire pharaonique du Président Wade, la construction du plus grand théâtre d’Afrique de l’Ouest. Aussi mauvais gestionnaire que grand mégalomane, le dirigeant sénégalais se montre très satisfait de la réactivité chinoise : « un contrat », confie-t-il, « qui était discuté et négocié pendant cinq ans avec la Banque Mondiale, est conclu en 3 mois avec les Chinois ».

Il est vrai que pour Pékin, le temps presse. Et l’ampleur des investissements est à la mesure de cette urgence. 15 milliards de dollars ont été investis au Soudan depuis 1996, essentiellement dans le pétrole, et 500 000 barils par jour sont extraits, en grande partie par la CNPC (China National Petroleum Corporation), autorisée à extraire directement les gisements. Pékin finance et arme également les rebelles tchadiens avec, comme objectif, le contrôle des zones pétrolifères du pays.

Vive les matières premières !

Étendre la présence chinoise en République du Congo est devenu une autre priorité. Le plus grand pays d’Afrique est aussi l’un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel par habitant de 714 dollars. C’est également potentiellement le plus riche : son sous-sol recèle les plus importantes réserves mondiales de cobalt et de tantalum, un métal rare, et d’énormes gisement de cuivre, d’or, de diamants, de manganèse, d’uranium et de zinc. Un accord signé en septembre 2007 prévoit que la Chine injectera 6,5 milliards de dollars dans la construction ou l’amélioration des infrastructures du pays, ainsi que 2 milliards de dollars supplémentaires pour ouvrir ou moderniser de nouvelles mines.

Dans ce pays, les Chinois concurrencent directement les grands groupes miniers occidentaux mais disposent d’un atout de poids : leurs firmes sont des entreprises publiques capables de surenchérir inlassablement pour s’adjuger les concessions. Un seul exemple : en 2006 Sinopec, l’une des 3 compagnies pétrolières chinoises, a accepté de payer 2 milliards de dollars pour exploiter le pétrole sur trois lots situés dans les eaux territoriales angolaises.

Cette stratégie rassure Pékin, quant à la stabilité de ses approvisionnements, et encourage les comportements les plus obscènes de certains dirigeants africains : depuis que du pétrole a été découvert dans la minuscule Guinée équatoriale, une ancienne colonie espagnole, la famille au pouvoir est courtisée par la Chine et les occidentaux. Malgré les gisements découverts, le niveau de vie de la population, déjà misérable, a encore chuté et le fils aîné du Président, et son successeur désigné, a pour principal préoccupation de négocier le rachat du yacht de Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft.

Pour lire Backchich :

http://www.bakchich.info/article3165.html


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Emission du 2 avril 2008.

De la dissolution du parlement aux législatives du 17 mai : les aléas et les atouts de la vie politique koweitienne.



La crise politique survenue au Koweït qui a abouti à la démission du gouvernement, souligne à quel point la vie politique de l’Emirat est agitée.
L’opposition et le gouvernement s’affrontent depuis plusieurs mois et ces tensions se doublent de tensions feutrées interreligieuses, puisque deux députés chiites (minorité représentant 30% de la population) ont été accusés de vouloir créer un Hezbollah koweïtien.
Invité :
Olivier Da Lage.  Chef du service international de RFI, spécialiste des pays du Golfe.
- 1978 : Lauréat de l'Institut d'études politiques de Paris.
- 1979 : Diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ).
- 1995-1997 : adjoint au rédacteur-en-chef à RMC-Moyen Orient
- 1997-1998 : chef de l'Agence sonore internationale (RFI).
- 1998-2000 : journaliste au service international de RFI, en charge du Moyen-Orient.
- 2000-2005 : rédacteur en chef-adjoint de la rédaction internet de RFI.

Pour écouter l'émission sur France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=61258


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Emission du 27 mars 2008.

Présidentielle et législatives au Zimbabwe. Comment expliquer le naufrage du régime et quelles conséquences pour la population ?

Les élections générales au Zimbabwe se déroulent une nouvelle fois dans un climat ubuesque.
Le pays a connu le mois dernier une inflation de 100 000 %, la situation alimentaire est catastrophique et l’opposition, pourchassée et disloquée, n’offre qu’une résistance réduite à Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans.
L’autocrate, candidat à sa propre réélection, se présente comme le rempart des Zimbabwéens contre les menaces de néo-colonialisme représentées, selon lui, par les pays occidentaux.

 Un billet de banque valable un an !
 © aventuresdelhistoire.blogspot.

Invité : Francis Soler.  Rédacteur en chef de la Lettre de l'océan Indien.

Pour écouter l'émission sur France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=60993

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Emission du 24 mars 2008.

Manifestations et répression au Tibet : la question tibétaine dans le contexte des Jeux olympiques à Pékin.
Les tensions qui embrasent la région autonome du Tibet sont les plus graves survenues depuis 1989. Malgré une implacable répression et la politique de sinisation menée par les autorités de Pékin depuis le départ du Dalaï Lama en 1959, l’exaspération et la volonté de résistance semble demeurer intacte.
 Le Tibet historique et le Tibet chinois.

Invité : Jacques Gravereau.  Fondateur et Directeur de l'Institut HEC-Eurasia.
- Docteur en sciences économiques.
- Diplômé d'HEC et de l'IHEDN.
- Professeur au Groupe HEC et dans plusieurs universités chinoises et japonaises.
- Consultant d'entreprises, il sillonne l'Asie depuis trente ans.


Pour écouter l'émission sur France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=60986


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Emission du 21 mars 2008.

Fin du gouvernement de transition en Belgique. Quel avenir politique pour quelle Belgique ?
La formation d’un nouveau gouvernement en Belgique met un terme à 9 mois et demi de crise et à trois mois de gouvernement transitoire. La nouvelle coalition (trois partis francophones, deux flamands) a décidé de laisser de côté pour l’instant les problèmes qui fâchent, notamment les questions touchant à la Flandre, à la Wallonie et à l’unité du pays. La crise semble mise sur le boisseau, mais elle est si profonde qu’elle ne pourra pas être réglée par ce gouvernement.


Invité
:
Eddy Caekelberghs.  Journaliste à la RTBF.

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Emission du 19 mars 2008.

L’Irak, cinq ans après les débuts de la guerre de coalition américaine.
Cinq ans après l’intervention militaire en Irak, les objectifs de l’administration Bush ont tous échoué. La situation sur le terrain est caractérisée par un affrontement inter-ethnique, doublée d’une escalade militaire contre les forces militaires installées à travers le pays. La situation politique et marquée par la domination et la revanche des chiites dont les liens avec Téhéran sont étroits. La production pétrolière a chuté en raison des attentats et de l’instabilité et l’insécurité n’a jamais été aussi importante. L’Irak théoriquement devenu un Etat Fédéral en réalité n’existe plus dans les faits.

Vétéran d'Irak posant pour une affiche
 © desourcesure.com

Invité : Jocelyn Coulon
- Directeur du réseau de recherche sur les opérations de paix au CERIUM. Est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix du CÉRIUM (ROP). Bien connu pour ses chroniques de politique internationale au journal La Presse, il concentrera ses efforts au Cérium sur les questions de maintien de la paix.
- Directeur du Campus de Montréal du Centre Pearson pour le maintien de la paix de février 1999 à décembre 2003, demeure associé au Centre Pearson à titre de membre du Conseil d’administration.
- Diplômé en science politique de l’Université de Montréal, a été, de 1981 à juin 1984, directeur adjoint de la revue Aéromag. Collaborateur au quotidien montréalais Le Devoir dès 1982, il est entré au service de ce journal en 1985 à titre de journaliste. A occupé le poste de directeur de l’information internationale de 1987 à 1999.
- Chargé de cours en journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis septembre 1997 et à l’Université de Montréal depuis septembre 1998, est membre de l’Institut international d’études stratégiques de Londres (IISS).

Pour écouter l'émission sur France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/enjeux_inter/fiche.php?diffusion_id=60803

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Eric Laurent est l'invité de Christiane Charette jeudi 13 mars  2008.
L'Iran doit-il craindre une intervention américaine?
Éric Laurent livre son point de vue sur l’administration Bush, qui quittera le pouvoir dans moins d’un an. Le reporter français affirme que l’Iran devrait être épargné d’une intervention américaine.  
 
Il raconte aussi sa rencontre avec Saddam Hussein. Il rêvait de rencontrer le dictateur irakien, non pas par sympathie, mais parce qu’il le fallait, parce qu’il était un acteur important de l’histoire du Moyen-Orient.
« J’ai compris que Saddam Hussein était un fugitif dans son pays. »
Le reporter a écrit une quinzaine de livres sur la politique internationale. 
 
Éric Laurent est à Montréal pour prononcer une conférence intitulée Pétrole et potentiel de violence: politique intérieure et extérieure aujourd’hui à 16 h 30. Cette allocution est présentée par le CÉRIUM.

Pour écouter l'émission :
http://www.radio-canada.ca/radio/christiane/modele-document.asp?docnumero=53779&numero=1880


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